En quoi la TCP nous libère du stress de ne pas parvenir à aider certains patients ?

Quand nous sommes confrontés à des patients présentant des tableaux cliniques complexes, comme par exemple : des troubles de la personnalité, des addictions, des traumas, nous pouvons ressentir la peur de ne pas parvenir à suffisamment les aider. Et c’est encore plus difficile lorsque ceux-ci résistent au traitement, et qu'ils ne s’investissent pas suffisamment dans leur travail thérapeutique.

Avec ces patients quand le travail n’avance pas, nous pouvons vite nous sentir impuissants, voire illégitimes dans notre pratique de psychothérapeutes.

Nous cherchons alors de l’aide dans les livres, ou encore en suivant diverses formations, afin de compléter notre savoir-faire et nous sentir mieux armés face à ces patients.

Mais sur le terrain, ces solutions s’avèrent souvent inefficaces, voire même contre-productives. En effet, beaucoup d’entre nous ont suivi un nombre impressionnant de formations, mais pourtant ont du mal à articuler entre elles toutes leurs compétences d’une manière cohérente dans la durée.

Ce qui se passe finalement souvent, c’est que plus on a d’outils à notre disposition, plus on peut avoir l’impression de ne pas savoir lequel utiliser et à quel moment l'utiliser pour aider nos patients.

Le vrai problème en réalité, ce n’est pas un manque de savoir-faire, c’est un manque de moyens qui permettrait d’avoir une vision globale du travail qu’il y a à faire.

Ce qui nous fait souvent défaut, c’est une méthodologie pour organiser entre elles nos compétences pour suivre un plan thérapeutique clair, jusqu’à l’atteinte des objectifs du patient.

Le but de la  thérapie cognitive processuelle est justement de nous libérer de la crainte de ne pas savoir quoi faire séance après séance avec nos patients, quelle que soit la complexité des cas que nous rencontrons.  

Elle permet d’obtenir des résultats concrets avec les patients, quels que soient leurs profils :

  • Assouplissement de leurs schémas cognitifs dysfonctionnels
  • Diminutions des facteurs de maintien de leur trouble
  • Atténuation ou disparition de leurs symptômes

Les bases théoriques de la thérapie cognitive processuelle sont  celles des TCC classiques, les processus travaillés avec les patients sont les mêmes, mais c’est la manière de travailler avec le patient qui fait la grande différence. 

Le mécanisme global de la TCP consiste à venir déstabiliser puis reconfigurer les croyances centrales dysfonctionnelles des patients, qui sont  à la source de leurs problématiques psychologiques.

À travers la métaphore d’un procès, le patient va pouvoir se décentrer, et observer ses croyances à travers le regard d’un procureur qui accuse, d’un avocat qui défend, puis d’un jury qui va venir donner un verdict impartial.

Dans cette métaphore, le thérapeute joue le rôle important du président du tribunal, qui vient permettre les débats et les changements de perspective.

Petit à petit, le patient change sa vision de lui-même, des autres et du monde, et le thérapeute voit les processus s’assouplir de plus en plus à chaque consultation.

La thérapie se termine naturellement lorsque le patient a récupéré sa liberté d’avancer sur son chemin de vie, en même temps que ses blocages s’atténuent puis disparaissent.

L’exemple de Paul

Lorsque Paul est venu me consulter, il avait tenté plusieurs types de psychothérapies, et il était en analyse depuis 5 ans. Avocat de 45 ans, il réussissait très bien professionnellement mais se sentait très isolé, et n'avait pas d’ami proche, ni de relation sentimentale. Il souffrait d’une phobie sociale, et d’un trouble de personnalité évitante.

À travers l’analyse fonctionnelle qui a permis d’analyser en profondeur son mode de fonctionnement, il a pris conscience que toute sa vie était gouvernée par une croyance négative très puissante : « je ne peux pas être aimé ».

Après avoir identifié l’origine de cette vision de lui, il a compris pourquoi il n'avait jamais pu résoudre seul sa problématique, et pourquoi elle se répétait sans cesse malgré sa volonté de changer les choses. Depuis plus de 30 ans, il était enfermé dans un cercle vicieux qui l’isolait chaque jour de plus en plus.

Au cours de sa thérapie, cette croyance a progressivement cédé, et Paul a pu nouer des liens d’amitié de plus en plus solides et enfin connaître une vie de couple à laquelle il aspirait depuis de nombreuses années.

À la fin de sa thérapie, son estime de lui s’était nettement améliorée, il ne souffrait plus de phobie sociale, il n’évitait plus les autres et surtout, il ne se voyait plus du tout comme une personne qui n’était pas digne d’être aimée.

Avec la TCP, les résultats arrivent progressivement : les scénarios négatifs s’estompent, ce qui était évité peut à nouveau être affronté, les relations avec les autres s’améliorent, l’estime de soi remonte, les symptômes d’anxiété ou de dépression régressent, les traumatismes cicatrisent. 

En bref, la vie devient plus légère, plus agréable et surtout, le patient peut suivre la route qu'il décide de tracer, et se diriger vers ce qui est vraiment important pour lui. 


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